• Guy Adrian

Perturbateurs endocriniens (suite)


Le programme des Nations-Unies pour l’environnement (P.N.U.E.) définit les P.E. comme une « menace mondiale pour la santé humaine et l’environnement ». Les données sur la contamination de la population et les risques encourus s’accumulent mais la difficulté est que l’interférence de ces P.E. avec le système hormonal peut-être provoquée par des quantités infimes que l’exposition est multiple et qu’il peut y avoir des effets combinés entre ces molécules nocives (effet cocktail).

Passons en revue les grandes classes de P.E. :

  • PCB et dérivé chloré utilisés comme isolants et lubrifiants. Ils sont interdits mais persistent dans l’environnement. Dans cette catégorie on a aussi les phénol chlorés et les dérivés herbicides : 2, 4, 5 - T et le triclosan bactéricide pour cosmétiques.

  • Retardateur de flamme : dérivés polybrohmé que l’on retrouve dans les plastiques durs des télés et ordinateurs, les sièges et les peluches pour enfants.

  • Métaux lourds : nickel, plomb (tuyaux et peintures), chrome (cuirs), mercure (saumon, thon, etc. Ampoules électriques basse consommation).

  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques HAP : ils proviennent des combustions incomplètes de matières organiques genre barbecue du dimanche et plus précisément tabac. Ils sont cancérigènes.

  • Pesticides : herbicides, fongicides, insecticides avec 400 « -icides » approuvés en Europe et 60 000 tonnes utilisés en France. Alors… passez au bio ! Au fait, vous avez un chat ou un chien que vous traitez contre les puces avec un collier ou par un liquide appliqué sur son dos. Attention aux caresses ! Le fipronil, ingrédient actif est un P.E. pas sympathique du tout, alors on ne câline plus et on ne dort plus avec son toutou ou son minou !

  • Phtalates : au secours, ils sont partout : boîtes plastiques, ustensiles ménagers, bassines, canard jaune pour le bain, film étirable, revêtement de sol, cosmétiques (vernis à ongles), parfum et j’en oublie ! Ces phtalates indispensables pour rendre les plastiques souples et non cassants font consensus comme P.E. les plus dangereux pour le système de reproduction et la thyroïde, avec en plus une augmentation, des fausses couches et une baisse du quotient intellectuel. Dans vos cuisines, en particulier, évitez de stocker vos aliments dans des boîtes genre Tuppermachin, ne les chauffer surtout pas au micro-onde, ça accélère la migration des P.E., et pas de film alimentaire non plus. Revenez au verre et à la céramique. Un bol recouvert d’une assiette fonctionne très bien pour stocker ou réchauffer !

  • BPA (bisphénol A) : utilisé dans les résines époxy qui sont au contact des aliments dans les canettes et les boîtes de conserve. On en trouve aussi dans les tickets de caisse et les billets de banque. Utilisé dans les plastiques polycarbonates, il a été interdit dans les biberons en 2010. Ce P.E. se lie au récepteurs des oestrogènes et perturbe le développement des foetus, avec effet sur 4 générations pour les souris. Attention aux étiquettes « sans BPA », en fait, il est remplacé par un analogue : le bisphénol S, au moins aussi toxique. Au quotidien, préférez les contenant en verre !

  • Parabens et conservateurs : ce sont les stars des P.E. présents dans presque tous les cosmétiques. Il perturbent les hormones mâles et diminuent la fertilité masculine. ces parabens servent comme conservateurs en limitant champignons et bactéries. Ils sont interdits dans les lingettes pour fesses de bébé mais pas dans celle pour le visage ! Méfiez-vous de ces lingettes si elles ont la mention « sans paraben », c’est que ceux-ci sont remplacé par le M.I.T. (methylisothiazolidinone) allergisant. Dans votre salle de bain, attention aux crèmes hydratantes au BHA (antioxydant) et au triclosan (dentifrices, bains de bouche), aux filtres UV, aux shampoings et adoucissants contenants des siloxanes et des alkylphénols, tous P.E. bien identifiés.

Je vais vous épargner les métaux lourds dans vos rouges à lèvres et vernis et les composés organiques volatils du type formaldéhyde et toluène dans vos tapis et meubles.

Comment faire pour se protéger ? Ça n’est pas simple, mais on peut limiter la contamination : récipients en verre, choix de produits sains, bien sélectionner ses cosmétiques et produits d’entretient, privilégier savon, bicarbonate et vinaigre, laver plusieurs fois les sous-vêtements avant de les porter. Surtout, n’achetez pas les produits à risques sanitaires élevés, les fabricants arrêterons de les produire. Comme disait Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus les saloperies pour que ça ne se vende plus ! »

Gardez en mémoire qu’à certains moment de la vie, vous serez particulièrement sensibles aux P.E. : conception, grossesse et enfance jusqu’à l’adolescence. L’exposition à ces molécules peut transmettre à la descendance des maladies et malformations graves, l’histoire du « Distilbéne » le prouve. Après exposition à des cocktail de P.E., des souches de souris se sont transmises des anomalies sur 4 générations.

Soyez vigilants au quotidien, même si le terrain vous parait miné par la pollution, la malbouffe et les contaminants dangereux. Inutile de tomber dans la paranoïa et de diaboliser l’industrie agro-alimentaire ou l’industrie chimique productrice de ces P.E. On veut tous des produits pratiques, pas chers, agréables à utiliser, durables, non-nocifs… Tout ça ensemble, ça ne le fait pas, ou très rarement. Les industriels concernés, je ne vous apprends rien, vont raisonner en terme de faisabilité et de coûts, de qualité ensuite. L’innocuité, après, on verra ! Les tests complets, à long terme, de toxicité prennent du temps et vont dépendre de l’évolution des connaissances et des objectifs du moment. Rien qu’en Europe, 100 000 substances chimiques sont utilisées et la législation (REACH) peine à se mettre en place. On manque de laboratoire et de toxicologues spécialisés, alors, mieux que rien, on définit des doses supportables, comme pour les particules fines et les autres nuisances. Ce sont les D.J.A. : doses journalières admissibles, quantité de substance que l’on peut absorber quotidiennement sans risque. Elles sont indiquées selon le poids de corps et soumises à révision dès que nécessaire. En 10 ans, la D.J.A. du bisphénol A est passée de 50 micro grammes par kg et par jour à 4, après une étude d’impact sur le cancer du sein. En surveillant votre environnement et vous-mêmes, vous pouvez arriver zéro. A vous d’agir !

Bientôt une suite : P.E. et environnement avec un exemple, le « Roundup ».

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