• Guy Adrian

"Coupe-toi les ongles...


...et passe moi le beurre !" Cette impérissable réplique fut échangée entre Marlon Brando et Maria Schneider dans le film de Bertolucci : Le dernier tango à Paris. Ces deux acteurs ne participaient pas à un concours de cuisine genre "Top Chef" car ces niaiseuses émissions culinaires n'étaient pas à la mode en 1972. Dans le film, cette demande devait favoriser un jeu plus rigolo, mais, maintenant ils ne pourraient pas se servir de beurre, car on en manque !

Oui, mes amis, vous avez bien lu : LA FRANCE MANQUE DE BEURRE ! Cette pénurie inquiète les fabricants de sablés bretons, ces gâteaux épais et bien gras, par exemple les "Traou-Mad de Pont-Aven", délicieux avec un thé bien chaud, pour lutter contre la froidure diabolique de cet hiver qui perdure. Il n'y a pas que les sablés, mais aussi les Kouign-ammans bretons (autant de beurre que de pâte à pain), plus les vraies pâtes feuilletées ! Est-ce la fin des tartines beurrées plongées dans le café au lait du matin ? Et ce goût du croissant pur-beurre trempé dans la tasse de café bien fort et bien chaud, sur le zinc (en plastique) d'un bistrot de quartier, le plaisir en était si fort qu'il nous faisait oublier les dégâts collatéraux : bavures sur la cravate ou sur le chemisier et sur le journal ouvert à côté. Alors d'où vient cette pénurie ? Une charmante agricultrice bretonne donnait bien la clef du mystère sur BFM TV avec un prix du lait à 0,27€ le litre à la vente, et un coût de production de 0,32€, de nombreux agriculteurs ont mis la clef sous la porte, donc moins de lait. De plus, avec la sécheresse en 2016, la nourriture des vaches est moins bonne, donc moins de matières grasses dans le lait, ce qui conduit à une pénurie de beurre.

Mais, peut-on remplacer ce "bon-beurre" par d'autres produits gras ? Depuis l'abjecte huile de palme destructrice des forêts tropicales, jusqu'aux margarines pleine "d'oméga-3 bons pour le coeur", le choix est vaste !

Oui, mais, les plats cuisinés avec ces "ersatz" sont-ils aussi bons ? Pour en avoir le coeur net, j'ai préparé pour le dessert, lors d'un repas entre amis gourmets, deux "Paris-Brest" : il s'agit d'une couronne de pâte à choux remplie d'une crème au beurre pralinée. L'un était fait selon la méthode traditionnelle, l'autre avec la recette allégée de Christophe Michalak, le sympathique et médiatique chef-pâtissier. Il n'y eu pas photo, la version Michalak a été appréciée, mais la vraie a été jugée meilleure au goût, car les humains aiment le "vrai bon goût du gras". C'est génétique, biologique et nécessaire car un gramme de gras fournit trois fois plus de calorie qu'un gramme de sucre, et, par ces froidures, on en a bien besoin !

Donc cuisinez avec du vrai beurre, et mangez gras, parce que c'est bon ! Les esprits chagrins vont m'objecter que c'est dangereux pour la santé, que des taux de triglycérides et de cholestérol élevés vont les précipiter dans les affres des maladies cardiovasculaires, infarctus et AVC inclus. Bien, si vraiment votre taux de cholestérol pulvérise les normes, qui, au passage, sont baissées sans arrêt pour plaire au lobby des marchands de margarines allégées, il vous restera à prendre une pilule de statine, anticholestérol miracle, genre "Crestor", par exemple.

Donc, pas de soucis, et de toute façon, avez-vous envie de vous mettre au régime sans gras, sans sel, sans gluten, sans alcool, dans le but de vivre pendant 100 ans et plus ? Pour finir par vous retrouver à pédaler dans votre chambre comme Robert (Marchand) ou comme Jeanne à gâtouiller dans un charmant EHPAD pendant 30 ans ! Non, évidemment ! Alors, profitez et continuez, pendant vos repas avec vos proches, à lancer d'un ton péremptoire :

Passe-moi le beurre !

#guyadrian #campagne

0 vue

© 2023 by The Book Lover. Proudly created with Wix.com

  • Grey Facebook Icon
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now